• D’une part, j’ai pu constater une certaine réticence de votre part pour ces grands thèmes universels et fondateurs que sont l’amour, l’amitié, la fraternité (fra-ter-ni-té…), les plaisirs de la bonne chère, les arts culinaires, le cinéma et les stratégies militaires, et pour lesquels mon dernier texte tentait de se faire le relais.
  • D’autre part, je dois maintenant l’avouer, la finance ça me saoul. Peut-être ne suis-je pas assez ambitieux, ou simplement pas bien né...

Pourtant, j’aurais tellement voulu m’y intéresser comme on s’intéresse aux belles carrosseries, aux formes rebondies, aux Rolex ; faire parti de cette société des valeurs et du bon goût ; être épicurien, accumuler la graisse comme on accumule les richesses, sucer déguster un havane, le bander à la face du monde ; jouir magnifiquement de mon Moi et de l’ « entre-soi » (des élites bourgeoises, selon le sociologue Christian Laval – Philosophie Magazine, le scandale des inégalités) ; me poudrer le visage ; porter une perruque blanche; être le garant d’une tradition aristocratique ; et proclamer enfin, avec toute l’éloquence que mérite ma position : « Je suis ici par la volonté d’un seul homme : Nicolas Chaunu ! ». Alors qui blâmer ? Bref.

Le visuel qui illustre ce billet a été réalisé par Ich&Kar (pour Héléna Ichbiah et Piotr Karczewski) pour le compte d’Etat libre d’orange. Certains d’entre vous les connaissent peut-être déjà. Leur travail, qui investi tous les champs de la création, fait figure de référence sur la scène graphique contemporaine. Tendant vers l’essentiel (de cela, vous vous en seriez doutés).

secretion magnifique

Ich&Kar accordent une attention particulière au sens et la question de la représentation. Loin des tendances, d’une époque. Les éditions Pyramyd leur ont consacré de nombreux ouvrages et articles (Design&designer, Emergence, Ich&Kar’s Diary at Momo’s, Etapes…). Pour avoir une vue d’ensemble de leurs travaux, c’est ici et .

..…Ne soyez pas si formels.