AIR signifie "Adobe Integrated Runtime", et c’est une plateforme qui vous permet d’éxécuter sur votre ordinateur de petits programmes que l’on nomme des RDA (Rich Desktop Applications). Concrètement, pour exécuter un programme fonctionnant sous AIR, il vous faut au préalable, et une fois pour toute, installer un petit programme accessible ici (pour PC) ou (pour MAC) . Puis il vous suffit de télécharger et installer les logiciels fonctionnant sous cette plateforme (patience, je vous en ai préparé quelques uns dans un prochain billet). Ceux-ci sont alors accessibles depuis votre menu démarrer (sous Windows) où via un raccourci sur le bureau, au même titre que tout autre logiciel.

Qu’on se le dise, les RDA (Rich Desktop Application) et les RIA (Rich Internet Application), nommées plus largement « applications riches », sont la nouvelle coqueluche des technomaniacs du net. Pour mieux comprendre de quoi il s’agit, je vous renvoie à cette série d’articles très intéressants sur le blog D’Aysoon qui fait le tour du sujet.

Pour résumer on peut dire que les RDA sont des applications qui vous permettent d’utiliser des services Internet, sans passer par votre navigateur. Elles sont en quelque sorte le chaînon entre les logiciels traditionnels installés sur votre ordinateur, et les applications tout en ligne.

Adobe AIR, nous le verrons, n'est pas la seule technologie permettant d'exécuter des RDA. Mais elle s'appuie sur des technologies du web répandues (notamment Ajax, Flash, Flex) qui réunissent déjà de larges communautés de développeurs, et ne devrait donc pas avoir trop de mal à les séduire. Les applications AIR sont de plus multiplateformes et fonctionnent par exemple sur Mac comme sur PC.

Les webdesigners eux aussi seront comblés. Comme à l'époque de la tendance du Web 2.0 (il y a quoi, 20 mois ? :: ), les RDA arrivent avec dans leur sillage un nouveau style de design caractéristique.

Les éditeurs de services en lignes aussi devraient y trouver leur compte. Ces applications rendent invisibles la liaison avec le site Internet, et sécurisent un peu plus l'accès au service.

Mais quid de notre point de vue, celui des utilisateurs ? Les RDA sont, nous explique-t-on, plus ergonomiques, plus riches en médias de toutes sortes, brisent le modèle de navigation traditionnel de page en page, et seraient donc supposés nous convaincre, sans résistance aucune. Cette approche n’est-elle pas un peu rapide ?

Si les geeks trouveront 10 000 raisons indispensables pour adopter sans tarder ces nouvelles technos, d’autres n’oublieront pas que beau ne rime pas forcément avec pratique. Les fonctions de nos navigateurs et des sites traditionnels, si basiques paraissent-elles, n'apportent-elles pas à l’usager des repères, dont il ne voudra certainement pas se passer, surtout pour des usages simples ? Un peu comme quand je vais à Mac Do, je sais quel menu commander, et où trouver les pailles et les serviettes.

De plus, si l’installation des RDA est, il est vrai, légère, elle reste une contrainte, alors qu'un navigateur contient lui déjà tous les plug-in nécessaires à l'éxécution d'applications web. Avec 1 logiciel par service en ligne, chacun ayant sa navigation propre, saurons-nous nous y retrouver dans cette forêt d'applications en tout genre à lancer simultanément sur notre bureau ? Quid également de la sécurité de ces applications dont les spécialistes ne soufflent mot pour l'instant ?

Beaucoup de questions encore en suspens, pour savoir si Adobe AIR et plus largement les RDA, sont une réelle révolution ou un simple effet de mode. Je n'y répondrai surement pas dans les quelques billets qui suivent, mais amènerai, je l'espère, des éléments de réflexion...