Côté Art, PROUN se situe dans une esthétique à mi-chemin entre l'architecture et la peintre abstrait de la première moitié du 20e siècle. On pense, en première lieu, aux expérimentation Bauhaus et, si le jeu emprunte son nom à une série d'œuvre réalisées à partir de 1920 par Lissitzky, principal propagandiste du Constructivisme russe, c'est surtout à travers les expérimentations picturales de Kandinsky (Compositions VIII, notamment) qu'il déploie son univers graphique. Et s'affranchie, par l'emploi de la 3D, des limites spatiales que ses œuvres avaient la volonté de dépasser. Une profondeur et un nouvel axe (esthétique, d'étude) que Kandinsky et les autres pères de l'Art moderne n'auraient certainement pas désavoué.
Côté gaming, donc : en se réappropriant rythme, mouvement et dynamique des formes simples autour desquels se constituaient les Compostions et autres Improvisations de Kandinsky, PROUN réduit son propos à ce qu'il y a de plus élémentaire et s'impose, dans sa structure, comme particulièrement ludique, efficace et innovant : banni les repères spatiaux-temporels, l'objectif (il s'agit d'un jeu de course) est d'éviter des obstacles en tournant autour d'un câble dans un monde fait de couleurs vives et de formes géométriques. La vitesse s'accélérant au fil de votre progression pour conférer, in fine, à une abstraction vidéoludique totale.

(J'ai bien conscience qu'il manque un truc à ce billet en guise de conclusion, mais bon.)


composition Kandinsky
Composition VIII, Kandinsky