Deux jours isolés plus encore du cours des évènements, qui ont ceci de particulier que le flux ininterrompu d'information est remplacé un flux ininterrompu d'aliments de textures et de saveurs variées, liquide et solide ou un peu des deux auquel notre corps n'est pas vraiment préparé : champagne, saumon fumé, vins blancs, huîtres, noix de St Jacques, beurre, foie gras, confit d'oignon, vin blanc, vin rouge, gigot de 7 heures, vin rouge, girolles et pintade fourrée aux marrons et bûche fourrée à la crème pâtissière (ou le contraire), confitures et farandole de fromages, chocolats, vacherin, truffes et marrons glacés de Collobrières, champagne, 13 desserts (qu'on croirait dix fois plus nombreux) et dattes mejhoul charnues et juteuses, champagne, cognac et enfin mandarine pour une note de fraîcheur.


Face à ce déluge et comme dans toute situation de survie, nos facultés cérébrales et motrices laissées pour mortes, toutes les fonctions du corps sont assignées uniquement à l'ingestion, la digestion, l'absorption et l'élimination de cet amas nutritif indéterminé et à la réquisition des organes vitaux affectés à cette lourde tâche : mâchoire, estomac, intestin, colon, rectum, l'anus...

Aussi quand on mange, les aliments sont mâchés et transformés en grosses molécules. Elles sont ensuite transformées en molécules suffisamment petites (nutriments) pour être absorbées dans la circulation sanguine. Le reste est ensuite éliminé par le corps sous forme de déchets (selles). Au niveau embryologique, le tube digestif est constitué de plusieurs feuillets embryonnaires : la bouche et l'anus sont d'origine ectodermique, alors que le reste du tube est d'origine endothermique.
Ce système est un tube faisant transiter dans divers compartiments les aliments ingérés par les êtres vivants qui en sont munis. Ces aliments portent successivement le nom de contenu gastrique, chyle et chyme alimentaires. Dans ce tube diverses opérations mécaniques et chimiques vont transformer la nourriture en nutriments.
Les transformations mécaniques sont réalisées par le système masticateur et la couche de muscles bordant le tube digestif. Les transformations chimiques sont réalisées par le complexe enzymatique (catalyse enzymatique). Ces transformations enzymatiques sont couplées à un pH favorisant ces réactions. Par exemple, le pH de l'estomac est de 3 en attente d'une prise alimentaire.

Enfin, le vomissement vient parachever cette mécanique parfaite du corps humain. Mécanisme de défense ultime quand tout dialogue neuronal est rompu et qu'il n'y a plus d'issue possible, le vomissement se caractérise par le rejet actif par la bouche d'une partie du contenu de l'estomac. C'est une action protectrice de l'organisme qui a pour but de protéger ce dernier contre l'ingestion de substances toxiques. Le vomissement est un réflexe viscéral qui est intégré dans le bulbe rachidien, au niveau du « centre du vomissement » de la formation réticulée. En premier lieu, le réflexe provoque une salivation et une sensation de nausée.
Ensuite, un mouvement antipéristaltique provoque le reflux du contenu de l'intestin grêle proximal dans l'estomac. Lorsque le sujet est conscient, un réflexe ferme la glotte et bloque les voies aériennes supérieures empêchant que les vomissements soient aspirés dans la trachée. Les muscles de la paroi abdominale se contractent tandis que la cage thoracique est maintenue immobile et la pression intra-abdominale augmente. Enfin, le sphincter œsophagien inférieur et l'œsophage entier se relâchent et le contenu gastrique est expulsé.


Au terme de cette parenthèse enchantée et en attendant de nouvelles épreuves pour cette fin d'année, nous vous présentons nos meilleurs vœux.


système digestif, Noël enchanté en mode gastrique
Une mécanique parfaite : le seul véritable système productif humain ?