"Le corps enseignant de mes études secondaires me qualifiait bien souvent de « peu rigoureux », ce qui devait changer sous le joug de mes précepteurs artistiques pour qui je l’étais trop; il faut comprendre par là « pas assez spontané »"


Présentation rapide: études, parcours...

En ce qui concerne mon cursus scolaire, j’ai suivi un circuit plutôt bien balisé et relativement commun pour devenir graphiste. Je suis passé par un bac scientifique option sciences de l’ingénieur suite auquel j’ai changé de voie pour intégrer celle des arts appliqués. J’ai commencé par une Mise à Niveau en Arts Appliqués, année souvent obligatoire lorsqu’on vient d’un cursus général et qu’on souhaite faire des études dans les arts appliqués. Cette courte année proposait de découvrir les secteurs phares des arts appliqués, le design d’objet, design d’espace, design textile et le design graphique. Cette pré-formation m’a permis de faire un choix et de m’orienter vers un BTS Communication Visuelle option graphisme/édition/publicité à Illkirch-Grafenstadten, ville de l’agglomération strasbourgeoise qui comme son nom le dissimule, n’est pas très intéressante.
Une fois le BTS obtenu, j’ai tenté d’intégrer le DSAA Création Typographique à l’école Estienne. Je suis resté devant la porte pour 2x1 et une histoire de « quotas ». Je ne suis pas de ceux que ce genre de nouvelle affecte et il s’est avéré que j’avais mieux à faire par ailleurs. Peu de temps après la non-aventure parisienne, j’ai saisi une opportunité de travail dans l’agence dans laquelle j’avais fait mon stage en BTS et j’y suis resté un an et demi jusqu’à aujourd’hui, étant graphiste indépendant par ailleurs.

Loïc Sander, interview


Comment et pourquoi en vient-on à travailler dans la typographie. A t-il eu un élément déterminant dans cette orientation ?

Dans mon cas précis, je ne peux pas vraiment parler d’élément déterminant mais plutôt d’un concours de circonstances.
Le corps enseignant de mes études secondaires me qualifiait bien souvent de « peu rigoureux », ce qui devait changer sous le joug de mes précepteurs artistiques pour qui je l’étais trop; il faut comprendre par là « pas assez spontané ».
Cette caractéristique entre deux m’a suivi de la MàNAA jusqu’au BTS, et je pense que c’est elle qui a contribué à déterminer mon orientation typographique. Pour un graphiste, la typographie représente une des matières premières si ce n’est la matière première indispensable à son travail de composition. Je l’ai donc découverte en cours comme tout étudiant en graphisme. J’ai rapidement été attiré par les lettres elles-mêmes, ce qui semblait être un intérêt assez solitaire dans ma promo. Plus que l’effet visible de la typographie que recherchaient mes pairs, je me suis intéressé à ses qualités propres en tant que système de signes. Un tel intérêt fait nécessairement mettre le nez dans les Histoires. À partir de là, ce qui pour beaucoup ne semblait digne que des adjectifs « beau » ou « moche » prenait à mes yeux une valeur bien plus nuancée. C’est dans la suite logique de cette passion que j’ai tenté de dessiner des caractères. J’ai trouvé dans cette activité, la jonction entre ma rigueur imparfaite, ma créativité tempérée, mon perfectionnisme tordu et mon amour de l’utile, tout ce que je n’avais su réunir dans aucune autre pratique créatrice à laquelle je me sois essayé.
Le sentiment dont je peux parler et que j’imagine partagé par quelques autres créateurs de caractères, c’est celui qui génère le besoin de créer de nouveaux outils. En tant que graphiste, on peut parfois ressentir la frustration de ne pas trouver ce qu’il nous faut pour réaliser un projet, c’est un sentiment qui peut pousser à se lancer dans la création de caractères. Ou plus simplement, les caractères étant comme autant de voix, on peut avoir envie d’en créer une nouvelle, un nouveau timbre, une nouvelle tonalité, une nouvelle façon de chanter.


"Les adjectifs « beau » ou « moche » ont pris à mes yeux une valeur bien plus nuancée."


A quoi consiste le métier de typographe ?

Pour répondre à cette question il faut d’abord que je clarifie un point de vocabulaire. Le typographe est un utilisateur dédié de caractères typographiques, c’est le dessinateur de caractères qui les crée. Ceci dit, c’est un abus de langage fréquent qui fait qu’on ne les distingue souvent pas.
À l’origine, le typographe était un « compositeur-typographe », c’était l’artisan d’un atelier d’imprimerie qui composait les textes, en plomb ou par le biais de la photocomposition. Cette activité fait aujourd’hui partie intégrante du métier de graphiste. Cependant, certains aiment encore se présenter comme typographes, il faut entendre par là qu’ils se spécialisent ou ont une affinité particulière pour la chose typographique et la composition. À cet égard, ils font particulièrement attention à leurs choix typographiques qui sont sensés et référencés, sont attentifs au règles typographiques de composition et ont une culture développée en ce sens.


Quelles sont les différentes étapes dans le processus de création d'une typo ?

Alors là on commence à toucher à la soupe de chacun, mais il y a quelques tendances générales qui semblent se dégager. Si on laisse de côté les réflexions qui sont à l’origine de la création, je dirais que la première étape se résume souvent à de l’esquisse. Il s’agit de définir les caractéristiques principales du futur caractère: proportions générales, contraste entre pleins & déliés, type de tracé – construit ou calligraphique, empattements ou non, apparence des empattements, etc. Ce ne sont là que quelques éléments déterminants.
Une fois ces premiers points posés, on passe au dessin d’un certain nombre de glyphes pour commencer à assembler des mots et pouvoir juger de l’intérêt du dessin. À partir de là, on développe un set de base, bas-de-casse/capitales et on compose des blocs de texte pour avoir une idée de la « couleur » du caractère, c’est-à-dire le gris optique résultant du bloc, l’atmosphère qui s’en dégage, etc. Cette étape permet de faire les premiers ajustements sur la graisse, le contraste, l’interlettrage et quelques caractères qui en petite taille révèlent des défauts gênants la lisibilité.
Cette partie est décrite par de nombreux créateurs comme la plus palpitante de l’aventure et je dois avouer que je trouve cette enfance du caractère particulièrement stimulante. S’en suit un travail de longue haleine fait de nouveaux tests, de dessins supplémentaires (ponctuation, accents, chiffres, petites capitales, ligatures, variantes, etc.), de corrections, d’ajustements, de repos pour retrouver le dessin avec un autre regard. À mesure qu’on commence de nouveaux caractères, on devient un peu plus efficace et rapide dans la traversée de ces étapes, mais le temps total se compte au mieux en semaines (très optimiste), si ce n’est en mois voire en années parfois (pour une famille complète de caractères).


Loïc Sander, interview

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Comment se détermine un choix. A quel élément êtes-vous particulièrement attentif au cours de ce travail ?

En amont du choix que fait le dessinateur sur l’apparence de son caractère, il peut y avoir une commande ou une impulsion personnelle. Dans les deux cas, des critères sont définis comme étant ceux justifiant la création de ce nouveau caractère. Dans le cas de Fengardo par exemple, je voulais trouver un terrain d’entente entre l’origine calligraphique de la typo et l’approche géométrique qu’ont étudié les avant-gardes au début du XXe siècle. Je dirais que les choix strictement esthétiques se font de façon sensible, à partir de références qui nous sont propres. Quant aux choix qui définissent les proportions du caractère, ils sont orientés par la fonction qu’on lui prévoit. Selon qu’il s’agira d’un caractère de labeur, de titrage, d’affiche ou de signalétique, on privilégiera certaines proportions et on aura recours à des répertoires formels plus appropriés pour l’usage prévu.
Les éléments auxquels on prête particulièrement attention varient au cours du processus de création. On observe d‘abord l’aspect général: la lecture est-elle fluide (pour peu que ce soit le but…)? Les mots, lignes et bloc sont-ils relativement homogènes, etc. Puis au fur et à mesure que ces points semblent bons, on entre dans le détail, jusqu’à finir sur les ajustements de dessin d’une lettre en particulier pour qu’elle soit « parfaite » même en très grande taille.
Le développement des aptitudes qui permettent de juger de ces éléments avec finesse demande quelques années de pratique.


Quelles sont les techniques employées dans le réalisation d'une typo et/ou les logiciels utilisées ?

Construire une lettre peut évidemment se faire de très nombreuses façons. Il y a des écoles qui s’appuient sur une formation calligraphique pour transférer la logique de l’écriture à la forme typographique. Certains préfèrent dessiner une lettre comme ils dessineraient une forme quelconque ou un volume. Au final, la réalisation d’une fonte à l’ère numérique aboutit presque toujours sur des tracés vectoriels.
Les logiciels les plus employés à ce jour pour élaborer une fonte sont Fontlab, Fontographer & Fontforge (à ma connaissance).


Quelles sont vos sources d'inspirations et comment s'appliquent-elles à la réalisation d'une typo ?

Parfois, Il peut s’agir d’une simple idée à laquelle j’aimerais donner forme, ou d’un principe formel particulier que j’aimerais explorer. Dans ce sens, mes sources d’inspiration vont des différents types d’écritures et d’alphabets en passant par les formes de la nature, de l’industrie, les enseignes, les vieux livres, les créations de caractères contemporaines et anciennes. Ces éléments là sont des sources d’inspiration formelle, mais dans l’absolu, n’importe quel élément peut pousser à créer un caractère. La typographie a la capacité d’évoquer des ambiances, des lieux, des univers particuliers, des souvenirs, etc. qui peuvent tout aussi bien être les vecteurs d’une nouvelle idée.
Pour l’exemple, je peux paraphraser Jonathan Hoefler, dessinateur de caractère américain, lorsqu’il explique sa tendance à employer des qualificatifs complètement étranger à la typo pour décrire un caractère particulier, ce qui l’amène à définir l’esprit de la typo qu’il est en train de développer comme étant « trop Eric Satie alors qu’elle devrait être plus Debussy ».
C’est une belle illustration du fait que les sources d’inspiration peuvent influencer le dessin d’une façon très sensible et subjective. J’imagine qu’en donnant un même référent musical à deux dessinateurs de caractères, il en sortira forcément des choses différentes, selon l’apprentissage technique et la culture de l’un et l’autre naturellement, mais aussi selon les associations d’idées qu’ils feront avec ce choix musical particulier.


Avec Fengardo, qu'avez-vous voulu exprimer ? De quoi s'est-elle nourrit ? Pourquoi ce nom ?

Je vais commencer par le nom, c’est le plus facile. Il s’agit simplement d’un anagramme incomplet du mot que j’ai composé avec les premières lettres dessinées de Fengardo, gradefont. À l’origine, j’étais parti sur un principe de caractère hybride en essayant d’accorder des formes normées, a priori très construites, avec les canons de la typographie du livre et ses origines calligraphiques. L’idée m’intéressait plus que la réalisation ou la forme en elle-même, ce qui a d’abord donné quelques chose de peu exploitable en tant que fonte mais qui présentait quelques caractéristiques intéressantes. J’avais entre les mains une bizarrerie typographique qui laissait tout de même entrevoir des formes contemporaines et élégantes; c’est ce qui m’a poussé à poursuivre. À ce moment-là, j’étais un parfait novice en dessin de caractère, j’ai donc débuté l’aventure en même temps que mon apprentissage autodidacte. Fengardo a subit l’effet d’à peu près toutes les lubies typographiques que j’ai pu avoir sur deux ans et pendant tout ce temps, la fonte ressemblait à la bicoque d’un nouveau riche qui, faute de goût mais fort de moyens, farci son intérieur de tout ce qu’il trouve « sympa ».
Ce n’est qu’il y a quelques mois que j’ai enfin trouvé un équilibre. J’ai élagué et me suis défait de ce qui n’avait pas sa place dans cette fonte. Le bienfait de cette phase d’exploration est que j’ai pu développer ma culture typographique et prendre mes marques en terme de dessin.
Il y a deux influences notables dans Fengardo, chacune plus forte respectivement dans les capitales et les bas-de-casse. La forme oblongue était dictée par la grille et a fait ce caractère étroit, parfois proche d’une largeur fixe. Par cette forme « en hippodrome », les capitales ont naturellement rejoint une famille de lettres qui a été très à la mode dans les années 20/30 dans les domaines de la signalétique urbaine & ferroviaire. De cette filiation est également issu le caractère aujourd’hui très en vogue, DIN. Pour ma part, j’ai découvert que les capitales avaient pris cet accent lorsque je me suis demandé comment ma typo était arrivée en grand sur un poste d’aiguillage de la SNCF… Après ça, j’ai réalisé que ce type de lettrage était probablement très ancré dans ma mémoire puisque je suis un usager assidu des chemins de fer. Maintenant, je prends d’autant plus de plaisir à observer ces lettres dans leur habitat naturel, d’autant qu’elles sont le plus souvent en métal, collées ou clouées sur les parois qui les portent, ce qui en fait à mes yeux sensibles aux charmes industriels, de beaux objets. Suite à la prise de conscience, j’ai assumé cette filiation en me servant de tous ces modèles pour valider les proportions de mes capitales.
La part livresque m’a dès le départ semblé plus simple à greffer sur les bas-de-casse puisque je ne voulais pas que mes capitales suivent les proportions « romaines », typiques pour des caractères de labeur. Je leur ai donné une hauteur d’œil moyenne par rapport à la plupart des linéales qui ont un œil important. Les proportions de Fengardo se situent donc entre celles des grotesques et des caractères humanistes qui ont une très petite hauteur d’œil (ou de grandes ascendantes, question de point de vue). Les attaques de ces ascendantes sont systématiquement biseautée pour suggérer l’utilisation d’un outil calligraphique, de façon plutôt symbolique en fait. Puis ce sont des détails formels qui évoquent la typographie classique, comme la petite panse du a, certaines inclinaisons (en particulier sur le e, caractéristique de la typographie humaniste), le g à deux boucles. Cet ensemble de détails, que j’ai voulu relativement discrets, sont un hommage à la typographie des débuts et constituent ce que je considère être l’âme de ce caractère.


Loïc Sander, interview

Loïc Sander, interview

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Quel rapport entretenez-vous avec la typographie, de celui qu'on peut entrevoir au travers de vos textes ?

J’entretiens un rapport très ludique à la typographie et au mot. Comme la première est la matière du second et que celui-ci est un vecteur évident de sens, je prends un grand plaisir à jouer avec l’étymologie, le sens acquis ou justement celui que je peux dériver de la forme ou de la composition du mot.
J’ai la chance d’avoir grandi dans un contexte bilingue, ce qui m’a donné un regard particulier sur la langue que je n’exploite pas comme un simple moyen de communication entre personnes appartenant à un même milieu, mais comme un système protéiforme et vivant qui invite au jeu. La typographie est tout simplement l’outil qui me permet d’ajouter des jeux de formes signifiants aux jeux de fond.


"La langue donc, la typographie comme forme d’un type d’expression (écrite), les modes de pensée, les interactions sociales, l’art, etc… La typographie est tout simplement l’outil qui me permet d’ajouter des jeux de formes signifiants aux jeux de fond."


Loïc Sander, interview


Quelques œuvres ont construit votre univers et affuté votre regard sur votre art, et sur le monde ?

Je trouve mon « univers » relativement indéfini parce que j’ai de grandes peines à distinguer les lubies des intérêts et influences durables. Les quelques seront donc ceux dont je suis sûr. Vont ensemble, voyages & langues. Je suis de facture franco-allemande, j’ai donc deux langues de série et l’apprentissage de l’anglais s’est fait un peu en avance sur l’intervention scolaire classique. Les voyages sont autant d’occasions de me frotter aux ailleurs qui sont évidemment des découvertes, mais également des offres de recul pour mieux appréhender ma propre culture hybride. J’ai finalement été aussi dépaysé et intéressé en Irlande qu’en Israël ou en Turquie. Une nouvelle langue à mes yeux, c’est une nouvelle technologie, je suis comme un enfant espiègle en la découvrant et elle ne fait qu’augmenter mon amour de la langue en général.
Ce point linguistique s’intègre dans un intérêt plus vaste encore. Pour faire simple, je suis fasciné par tout ce qui concerne l’Homme et son expression. La langue donc, la typographie comme forme d’un type d’expression (écrite), les modes de pensée, les interactions sociales, l’art, etc.
Dans cet espace je peux citer deux livres qui m’ont apporté beaucoup de matière à réflexion, à savoir Ecce Homo de Nietzsche, et Le langage silencieux de Edward T. Hall. L’étude des codes, règles qui forment autant de réalités subjectives m’intéresse parce que j’aime comprendre, au sens le plus universel du terme, il me faut des raisons pour tout (ou presque) et la connaissance d’un système permet de s’en jouer, de le détourner et de l’exploiter au mieux. Se jouer d’une réalité m’amène au cinéma, art dans lequel je citerai deux des réalisateurs qui me parlent le plus, Wes Anderson et Jim Jarmusch pour leur vision décalée du monde qui, à mes yeux, met systématiquement en lumière l’inévitable subjectivité des réalités. L’humour qu’ils déploient dans leurs films participe à ma façon d’appréhender la part de mon travail qui germe régulièrement dans un limon d’absurde. Si je devais distiller mon univers musical (ce qui me ferait beaucoup de mal), je ne garderai que quelques personnages. De bons musiciens mais surtout des artisans du mot. Même s’il s’agit d’une icône évidente, je dois citer Jim Morisson, d’abord pour ses textes, puis pour la musique des Doors. Le second serait Jack White dont l’énergie et la polyvalence alimentent mon travail. Puis viennent Bob Dylan, mais pas pour son jeu d’harmonica, Nick Drake, David Bowie, Lou Reed, Jimi Hendrix, Tom McRae.
En terme de regard photographique, je ne peux admettre qu’une seule influence majeure, il s’agit d’un ancien collègue de travail et ami, Stéphane Louis. J’ai commencé à m’intéresser sérieusement à la photo à ses côtés, ce qui m’a inévitablement influencé. Aujourd’hui, cette influence évolue et se mêle d’autant plus à mes affinités et à mes compétences originelles de typo-graphiste.


Des typographies fétiches, celles qui vous inspirent... Pour quelle raisons ?

Je dois m’incliner devant deux des trois créations connues d’Eric Gill: Gill Sans et Joanna.
Par ailleurs, il y a Collis de Christoph Noordzij, Malaga de Xavier Dupré, Galliard de Matthew Carter (en particulier l’italique black),
Meta d’Erik Spiekermann, Chaparral de Carol Twombly, Antique Olive & Vendôme de Roger Excoffon,
Mendoza de Jose Mendoza, Vidange de Jack Usine, Dolly d’Underware, Warnock de Robert Slimbach.

Les raisons? Des caractères forts et un dessin parfait ou presque, je ne suis pas sûr de pouvoir entrer plus dans le détail.


Ce qu'exprime une typographie (sa valeur sémantique)….

Je ne pense pas qu’un caractère typographique ait un sens propre, en revanche il participe à la création d’un cadre sémantique, émotionnel, historique, qui peut renforcer le sens du texte. La typographie fait partie des arts appliqués et en tant que tel, a subit de très nombreux changements au cours de son histoire. Ces évolutions sont allées de pair avec des réalités historiques, technologiques et sociétales. On peut ainsi dater certains caractères à partir de leur apparence, ou au moins établir de façon quasi certaine qu’ils ne peuvent pas être antérieurs à une certaine époque. Le corpus typographique dont on dispose aujourd’hui est autant composé de ces ancêtres, ou plutôt de leur interprétations contemporaines, que de créations actuelles qui s’appuient sur les codes établis par l’histoire de typographie, les transforment et les détournent. Un caractère porte sur lui des traces qui font forcément référence à un précédent, typographique ou non. À cela s’ajoute les formes des lettres dans lesquelles peuvent apparaître des détails qui font écho à notre environnement, naturel, urbain, industriel, etc. Avec ce cocktail, on obtient un caractère dont les références, certaines plus évidentes que d’autres, offrent des lectures à plusieurs niveaux. La lecture sémantique d’un caractère est le plus souvent inconsciente et très dépendante du bagage culturel du lecteur.
Ainsi ceux qui ont une culture typographique conséquente sauront reconnaître une référence historique et sauront apprécier le sens ou le décalage de son emploi, alors que les non-initiés ne pourront avoir recours qu’à leur culture étrangère à la typo et à l’inconscient collectif qui dicte une partie des associations d’idées qu’on fait en observant un caractère. Ce dernier point s’explique tout simplement par le fait que notre environnement est totalement investi par la typographie puisqu’elle est le support de notre communication écrite. De fait, nous faisons tous des associations, raisonnées, affectives ou même inconscientes avec les typographies qu’on croise au quotidien et comme peu de gens savent faire la différence entre deux caractères, ces associations s’étendent à des « genres » formels de façon globale. Ainsi, chacun a un avis et si suffisamment de gens assument le même avis, il peut devenir une nouvelle valeur qui viendra s’ajouter à, voire remplacer partiellement, les références qu’une typo avait sur son CV; c’est la presque triste histoire de Comic Sans.


Quelques conseils dans l'utilisation d'une typo, à sa mise en scène (dans divers domaines : web, print…) ? Quelques règles fondamentales de mise en page...

Aïe. Je ne m’aventurerai pas dans de grandes règles parce que je n’en considère pas vraiment de très utile. Nos métiers sont mal(ou bien)-heureusement soumis à l’empire de la subjectivité et les règles m’ont rendu autant de services qu’elles m’ont em***dé. La seule chose à laquelle je tâche de porter attention, c’est le contraste: contrastes colorés, de typos, d’échelle, de lumière, de taille, visuel contre texte, etc. Je pense que le contraste est la clé de compositions et de mises en page réussies. C’est vague et en même temps ça me semble la seule valeur digne de confiance et applicable à n’importe quel support. Par ailleurs, le meilleur contraste est parfois d’en avoir aucun…
Bon, je vais me garder d’écrire un livre sur la question.


Les influences : quelques acteurs majeurs (actuels, historiques) ?

La première influence parce que la plus ancienne, est sans doute celle à laquelle je tiens le plus: Eric Gill. Il a plus gravé de lettres dans la pierre qu’il n’en a dessiné pour faire des fontes, mais son héritage a quelque chose de fort à mes yeux, en regard de son époque (début XXe) et du personnage, tout à fait atypique et probablement détestable. Il a laissé quelques écrits qui m’ont donné de sérieux coups de pouce aux bons moments.
La deuxième en tête, même s’il s’agit plus d’estime que d’influence formelle, c’est Roger Excoffon. Là aussi, influence d’un corpus très particulier et une approche de la typographie légèrement en réaction avec son temps.
Et puis en vrac, Suzanna Licko, les Noordzij (Gerrit & Christoph), Xavier Dupré, Erik Spiekermann, Wim Crouwel, Matthew Carter.


Comment les créatifs (graphistes, illustrateurs, typographes) s'emparent-ils de cet héritage typographique, et vous en particulier ?

Dans l’ensemble, je trouve qu’il y a un équilibre entre la caste des créateurs de caractères & typographes qui tient les rênes de la typographie pour qu’elle ne s’égare pas trop et les phalanges de graphistes qui se servent de leur outils avec une considération souvent limitée pour son histoire et les règles qui l’ont façonné, ce qui peut parfois être une bonne chose.
Personnellement, je ne sais plus sur quel pied danser et je me bats chaque jour dans mon boulot de graphiste pour oublier que ce que j’inflige à ces caractères – qui après tout ont une âme – est inhumain. Pour me calmer, je compose quelques colonnes justifiées le plus proprement possible avec quelques finesses typographiques et après, je vais mieux.
Plus sérieusement, j’ai souvent noté chez les graphistes une culture typographique plus que sommaire. Un ébéniste n’a pas besoin de connaître l’histoire de la queue d’aronde pour pouvoir l’utiliser. Mais savoir de quel besoin elle est née, à quelles histoires (du meuble) elle est associée, peut favoriser son emploi sensé. Il me semble que le métier de graphiste est un métier dans lequel le sens est aussi important que l’image et le signe, notre queue d’aronde, toute proportions gardées dans le cadre de cette comparaison, c’est la typo.
Ce que je constate avec ma double casquette, c’est qu’à mesure que j’approfondis ma culture typographique, je deviens de plus en plus frileux en temps que graphiste. Ce travers est probablement lié à mon caractère et je n’irais pas jusqu’à dire que c’est une tendance générale chez les nombreuses personnes qui créent des caractères et sont graphistes à côté. Dans mon cas, l’héritage typographique revêt une importance fondamentale parce que je pense qu’il y a dans le passé, énormément de matière à faire du neuf. Le créateur de caractère américain Goudy avait synthétisé une partie de cette pensée dans cette belle phrase: « All the old fellows stole our best ideas. / Tous les anciens ont volé nos meilleures idées. », ce qui peut autant signifier qu’il n’y a plus vraiment grand chose à inventer ou que les anciens, comme beaucoup d’entre nous, se sont d’abord inspirés du passé. Le neuf est probablement sous-entendu dans la formule de Lavoisier: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et c’est ce que je pense, une étude attentive de l’Histoire est une base solide pour l’innovation, ou au moins l’évolution.


Loïc Sander, interview



Globalement, les étapes marquantes de la typo dans l'histoire et son orientation prochaine…

Il faut commencer par l’invention de l’imprimerie typographique par l’ami Gutenberg. Ce début est celui de la typographie occidentale et des caractères aisément reproductibles (grâce à la fonte de métal dans une matrice (un moule)), les Chinois & Coréens avait déjà développé des techniques approchantes d’impression typographique (bois, cuivre) quelques siècles auparavant. En ce qui nous concerne donc, le début de la typo se situe au XVe siècle dans le bassin rhénan, bien qu’aujourd’hui encore on entende des Néerlandais protester contre l’origine germanique de cette invention.
Pour faire simple, il y a d’abord eu deux courants stylistiques majeurs, lettres germaniques, gothiques, et lettres latines, humanistes. Puis s’est dégagé un premier style typographique dominant, les humanes, héritières des lettres humanistes. Ensuite ce style a évolué, se détachant un peu plus de l’origine calligraphique des lettres: les garaldes. Ce nom est assemblé à partir des noms de deux illustres imprimeurs et graveurs de poinçons du XVIe siècle, Claude Garamond et Alde Manuce. Au XVIIIe siècle apparaissent les réales, lettres plus contrastées, dont les formes se rationalisent. L’augmentation du contraste typographique faisait suite à l’évolution des techniques de fabrication du papier (notamment grâce à l’apport de John Baskerville) qui rendaient possible d’imprimer plus « précisément ». À cette époque en France, notre bon roi n’était autre que le dit « Soleil » qui, un bon siècle après les chantiers de régulation de la langue française (Académie Française), avait requis la création d’un alphabet normalisé. Ce sera le Romain du Roi, dessiné sur une grille. Ce caractère est aujourd’hui en possession exclusive de l’imprimerie nationale (anciennement royale). Ce romain est un des représentants souvent cités de la famille des réales. La porte au fort contraste ayant été ouverte, il aura fallu peu de temps pour qu’on essaye de le pousser encore plus loin. De là sortiront les didones (Didot, Bodoni, etc.), dites « modernes ». La famille suivante est fille de la révolution industrielle, plus robuste, avec des empattements rectangulaires: les mécanes. Avec l’apogée de la révolution industrielle, le XIXe siècle célèbre l’avènement de la réclame. Il faut attirer l’œil du chaland et c’est à cet effet qu’on se met à développer des alphabets plus farfelus les uns que les autres. Pour la première fois, on commence à jouer sur la graisse et la largeur des caractères. À cheval sur la fin du XIXe siècle et à l’orée du XXe apparaît une nouvelle famille, les linéales, caractères théoriquement contemporains par excellence, les chevaux de bataille des avant-gardes et du modernisme.
Il faut noter que ces familles créées par Maximilien Vox dans sa classification Vox-AtypI n’ont qu’une valeur de référence relative, elles servent uniquement à schématiser l’histoire de la typographie et à donner une base permettant de commenter plus facilement les caractères contemporains.
Aujourd’hui, la typographie adapte librement ces archétypes même si les traditions typographiques restent vivaces.
Jusqu’au début du XXe siècle, les évolutions stylistiques se sont passées dans un cadre technique quasiment inchangé à savoir, la typographie au plomb. Au cours du XXe siècle, il y a eu deux changements techniques majeurs par rapport au plomb. D’abord la photocomposition, système accompagnant l’invention de l’impression offset. Puis le numérique au cours des années 80 et le premier Mac, 84. Chacune de ces évolutions a marqué les formes typographiques de ses contraintes. Malgré tout, le changement le plus notable n’est pas né d’une contrainte mais de la libération offerte par l’informatique, rendant beaucoup plus rapide les expérimentations formelles de toutes sortes( Suzanna Licko, Neville Brody). Malgré cette libération formelle, les supports d’affichage informatique pâtissent depuis le début d’une faible résolution, la typographie a du s’adapter à cette réalité et intégrer ce système d’affichage comme une nouvelle contrainte à considérer lors de la création d’un caractère.
En attendant que la technique d’affichage évolue, les nouveaux enjeux de la typographie sont sur le web (CSS2 et la fonction @font-face), avec notamment les problématiques de licences que crée cette fonction qui permet l’utilisation théorique de n’importe quelle fonte sur un site web mais la rend gratuitement accessible à un utilisateur averti. Quelques solutions ont déjà été proposées par différents prestataires (Typotheque, Typekit, etc.) qui offrent la possibilité d’utiliser des fontes de leur catalogue contre l’achat d’une licence dédiée. Ces prestataires se chargent eux-même de la sécurité de leur fichiers de fonte afin qu’il ne soit a priori pas piratables.

Voilà pour une histoire extrêmement succincte de la typographie, tous ces points mériteraient des approfondissements qui n’ont pas leur place ici, les ressources pour ce faire ne manquent pas sur notre belle toile.


Loïc Sander, interview



"Dans mon cas, l’héritage typographique revêt une importance fondamentale parce que je pense qu’il y a dans le passé, énormément de matière à faire du neuf".

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L'évolution du métier, face au numérique notamment...

Pour commencer le métier de créateur de caractère aujourd’hui est beaucoup plus solitaire qu’à une époque où cette activité était un fait souvent collectif. Le numérique a permis à de nombreux créateurs de travailler dans leur coin, voire même de diffuser eux-même leurs créations.
À l’origine, la typographie était une nécessité d’imprimeur qui avait besoin de fontes pour imprimer du texte. Gutenberg lui-même n’a pas vraiment créé de lettres originales puisqu’il s’est inspiré des modèles calligraphiques de son époque, ce qui répondait à une nécessité de protection puisqu’il n’était pas très sûr de la façon dont l’Église, qui faisait feu de toute chair, allait accueillir ce changement retentissant à bien des d’égards, notamment en terme d’éveil intellectuel des ouailles. Pour définir l’apparence de ces premières lettres, Gutenberg avait l’assistance d’un associé calligraphe, après eux, les rôles qu’ils s’étaient partagés se sont fixés dans plusieurs métiers.
L’imprimerie et la création typographique ont été indissociables pendant plusieurs siècles puisque l’un n’avait pas de sens sans l’autre.
La création de caractères relevait d’un processus qui dans certains cas était accompli par des individus mais, le plus souvent, était le fruit d’une équipe réunie au sein d’un établissement dédié, la fonderie. Dans un premier temps, la fonderie était une partie intégrante de l’imprimerie. Puis un marché s’est développé et certaines fonderies sont devenues indépendantes, vendant leur production à tout imprimeur intéressé. Le gros de l’activité du fondeur comme son nom l’indique, est de fondre des caractères pour fournir des casses aux imprimeurs. Mais avant de pouvoir fondre, c’est-à-dire reproduire un modèle, il faut ledit modèle et c’est là qu’on retrouve notre dessinateur de caractères. Le dessinateur concevait les lettres qui devaient ensuite être gravés sur des poinçons, activité du graveur de poinçons qui s’avérait parfois être le dessinateur lui-même s’il était suffisamment habile dans cette tâche minutieuse. Les poinçons étaient les trésors des fonderies puisqu’elles étaient les supports de l’œuvre originale et représentaient la clé de voûte de leur fond de commerce. À la mort d’un imprimeur/graveur sans héritier, ses poinçons passaient souvent dans des mains qui pouvait les avoir convoités. À cette époque, la qualité d’un caractère, et donc d’une fonte, dépendait plus de l’habileté du graveur que du dessin original qui était souvent une simple variation autour du style courant. Ce sont les rares dessinateurs/graveurs qui ont tenté de nouvelles choses que l’histoire de la typographie retient comme des créateurs de caractères, à l’image de Claude Garamond ou Alde Manuce, considéré comme l’inventeur de l’italique avec le concours de Francesco Griffo.
De nos jours, les fonderies ont évolué et leur nombre a considérablement augmenté grâce au numérique puisqu’un dessinateur de caractères seul peut devenir un diffuseur de fontes. L’avantage des grandes fonderies aujourd’hui est qu’elles centralisent une offre qui peut être le fruit d’un ou plusieurs créateurs. Il n’est pas rare qu’un créateur de caractères soit un très bon dessinateur mais que son aptitude technique ne suffise pas à rendre la fonte idéale pour tous les usages et surtout pour un usage strictement numérique. Les réalités du numériques font qu’il faut un certain niveau de technicité pour rendre une fonte optimale à l’écran, ce sont généralement les fonderies qui ont les moyens humains et techniques de gérer cette partie finale de la création, ainsi que de mener les grands chantiers des évolutions techniques, comme ce qu’on a pu voir pour le web et les services de mise à disposition d’une offre typographique professionnelle en ligne.


Des projets ? Une deuxième typo en préparation ?

Des projets j’en ai certainement, le plus difficile est de leur donner corps, de prendre le temps de les faire avancer et surtout, de les finir. Cela fait un an que j’explore tranquillement l’impression typographique et la typographie au bois, grâce et avec la participation active de quelques amis.
À l’image de mes caractères, je suis toujours à errer entre tradition et usages contemporains, tâchant à la fois de préserver un héritage, de le faire vivre et évoluer.

Il y a une deuxième typo en chantier depuis 2 ans également, ainsi qu’une troisième amorcée et un projet embryonnaire de quatrième.
Pour l’instant, j’aimerais déjà boucler la famille Fengardo d’ici la fin d’année et me poser sérieusement la question de sa diffusion.


Avez-vous des ouvrages (ou autres), dédié à la typographie, à recommander ?

Pour un début d’exploration de la typographie, je recommande le film Helvetica, agréable et facile d’accès de Gary Hustwit qui se focalise sur la naissance et l’évolution de cette typo devenue « universelle » tout en proposant une vision d’ensemble de ce qui fait une perception contemporaine de la typo.

Pour les livres, il y a évidemment de nombreux niveaux, je m‘en tiendrai au niveau général :

  • Comprendre la typographie, Ellen Lupton (titre original: Thinking Type), éditions Pyramyd
  • Guide de choix des caractères typographiques, David Rault, Atelier Perrouseaux éditeurs
  • Le langage de la typographie, Will Hill, Eyrolles
  • Créations typographiques de 1985 à nos jours, Eyrolles

Cette courte bibliographie constitue à mes yeux une bonne base pour s’intéresser autant à l’acte créatif qu’à la création typographique contemporaine. J’avais envisagé d’aller plus dans le détail à proposant des documents à portée historique puis finalement je me suis dit que ceux que ça intéressera saurons trouver plus d’information à ce sujet, ça ne manque pas vraiment sur internet, entre autres. Ceci étant dit, j’ajoute tout de même un lien vers une série d’articles publiés sur www.ilovetypography.com (en anglais par contre) sur les familles des origines de la typographie.

  • Humanes > http://ilovetypography.com/2007/11/06/type-terminology-humanist-2/
  • Garaldes > http://ilovetypography.com/2007/11/21/type-terminology-old-style/
  • Réales > http://ilovetypography.com/2008/01/17/type-terms-transitional-type/
  • Didones > http://ilovetypography.com/2008/05/30/a-brief-history-of-type-part-4/

Deux ou trois bonnes adresses, pour une petite virée à Strasbourg...

Strasbourg est la bonne adresse, c’est une ville magnifique et dynamique pour la « province » (j’ignorais que Rome était une ville française…), il y règne juste un climat impossible et des relents de culture vernaculaire à laquelle il faut s’habituer. Il faudra nécessairement jeter un œil à notre merveilleuse cathédrale anti-géméllaire, errer du côté de la place du marché Gayot, à midi si on est restaurant et le soir si on est bar. Explorer Grand’rue et boire un pot à l’artichaut si on cherche du bœuf et un peu de convivialité. Boire une bière à la Taverne Française si on milite pour la réhabilitation des troubadours et l’émancipation des artistes & étudiants déchus. Traîner sur les quais et converser avec quelques cygnes si Beaudelaire est la dernière chose qui nous ait fait des larmes noires. Dire bonjour à l’Art contemporain dans le musée qui lui est dédié, saluer dignement l’Aubette, la « Chapelle Sixtine » de l’art moderne, investie par Theo van Doesburg, Hans Harp et Sophie Teuber-Harp, ou encore verser dans la nostalgie du moyen-âge et de la renaissance en se promenant dans la magnifique bâtisse du Musée de l’Œuvre Notre-Dame. Sinon il y a également cette grappe d’institutions européennes pour les pro-Européens.
Ce n’est évidemment qu’un échantillon, je laisse le soin aux volontaires de fouiller plus en accord avec leurs affinités s’il devaient se rendre en Alsace.


Fengardo est sous Creative Commons Paternité et en libre téléchargement sur ce son blog.


Loïc Sander, interview