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Les conférences du WIF 2010 en vidéo
Par jCp,
mercredi 26 janvier 2011 à 19:42
Un petit tour du web
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Nous vous parlions ici en vous présentant son programme de l'édition 2010, le WIF - Webdesign International Festival - se posait déjà beaucoup de questions sur notre monde interconnecté, les nouvelles technologies et l'interactivité à travers plusieurs conférences.Pour ceux d'entre vous, nombreux (nous en faisons malheureusement partis), qui n'ont pu y assister, le site du WIF vous propose un cours de rattrapage. Toutes les conférences sont disponibles en vidéo ; elles ouvrent des nouveaux champs de réflexions et permettent de dépasser cet horizon étriqué que constitue, trop souvent, notre écran d'ordinateur.
Dans la vidéo qui suit, Stéphane Hugon, sociologue et enseignant-chercheur au Centre d’Etude sur l’Actuel et le Quotidien à l’Université Descartes-Sorbonne, s'attarde sur les rapports entre mutations sociétales et évolutions technologiques.
Comment les mutations sociétales portent les innovations technologiques ? Cette question en pose une autre plus clairement abordée : est-ce la technique qui détermine les usages ou ces derniers qui conditionnent l'apparition de nouveaux outils ?
Si bien sûr difficile de proposer une réponse affirmée tant ces deux notions sont dépendantes l'une de l'autre, tout l'enjeu du discours est de forcer la posture de penser la forme sociale avant la forme technologique. Et d'offrir ainsi des clés pour concevoir de nouvelles interfaces et projets web structurant l'imaginaire pris comme "ensemble des représentations collectives sédimentées en archétypes, en cultures et en habitudes"*, selon les termes Stéphane Hugon. Ces clés s'articulent autour de cinq axes : l'usage, la forme identitaire, les valeurs, l'environnement technique et l'esthétique social.
Le postulat est le suivant :
A la qualité (ou la valeur) intrinsèque d'une technologie s'ajoute sa qualité d'appropriation. L'innovation se présente ainsi comme la capacité d'un objet à trouver son public, son appropriation par un ensemble de personne considérant son usage et sa fonctions logique. Cet objet existe déjà dans l'imaginaire de l'utilisateur en mutation constante dont il faut pouvoir, dans la mise en application d'un projet, révéler les structures secrètes et mentales et y donner du sens.
Stéphane Hugon y constate un changement de paradigme, établi depuis 200 ans, dans l'histoire sociale du geste, du rapport de l'homme à la machine, du sujet à l'objet (conf, notion de transparence de l'interface). Il y voit également un retour de l'analogique dans le digital où la technique, intuitive, fluide et contextuelle, est un prolongement du corps et de l'esprit s'incarnant principalement comme fonction sociale et totémique.
Au cours de son discours Stéphane Hugon n'hésite pas à étayer son exposé par de nombreux exemples et références, de manière souvent très pertinente dans lesquelles se côtoient (en vrac) Rimbaud, Slavoj Žižek (un des plus éminents penseurs de la société contemporaines, et comme fumer, penser est devenu un acte subversif !), la souris (le dispositif de pointage, bien sûr), l'industrie automobile, l'architecture au et les cathédrales gothiques, la préhistoire "contemporaine" avec les notions d'Homo faber et Homo ludens, la téléphonie mobile, Cronenberg (la notion d'objet mou : il n'est jamais très loin quand il est question de nouvelles relations homme/machine. Mais c'est personnel).
Et ce constat qui se pose toujours avec la même évidence : comment mieux connaitre le présent, la manière dont s'engage le futur et les prochains enjeux d'une société qu'en se penchant sur sa propre histoire.
* D'ailleurs si après votre posture intellectuelle, vous cherchiez à renouveler votre posture sociale, sachez que vous n'êtes plus seulement webdesign mais spécialiste de diagnostics en design relationnel.











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