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La nouvelle cafetière d'emob - témoignage(s)
Par jCp,
vendredi 17 septembre 2010 à 20:25
Emob au jour le jour
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Nous sommes toujours surpris par notre degré de dépendance à certains produits, voire parfois à certains objets (mais ceci est une autre histoire)...
Dès lors, tous étions déjà conscients du rapport intime que Nicolas entretient avec les boissons alcoolisées, la Bretagne (il ne faut pas y voir nécessairement de lien particulier entre les deux) et son iphone 4G ; celui qui s’exprime entre Wilfried et les pâtes, le CSS et son iphone 4G ; ou encore celui qui unit notre voisine à son chat (mais ceci est encore une autre histoire). Cependant, nous étions bien loin d'imaginer que le manque de caféine allait provoqué, pour chacun d'entre nous, un tel vide dans nos vies et engendré de telles conséquences.
Ainsi, durant cette période de sevrage, ce temps intermédiaire entre le décès de notre Senseo (un décès survenue après plusieurs semaines d'agonie) et l’achat de notre nouvelle cafetière, beaucoup de choses ont changé. La douce harmonie, qui régnait dans les bureaux jusqu'alors, a basculé très rapidement dans quelque chose que je peine encore à qualifier.
Quelques mots devraient suffire à poser le contexte : une irritabilité, une nervosité, des accès de colère, une angoisse constante, un manque de concentration intellectuelle, une apathie terrifiante, des regards hagards (six en tout), une perte de repère dans le temps et dans l'espace, des défaillances du rythme cardiaque, le sentiment d'une impasse, le silence et la solitude, une envie de fuite mais tous mouvements proscrits, une incompréhension, des interrogations…
Ces dernières nous ont amené à nous poser cette question qui peut paraître brutale : quelle stratégie adopter ? Fallait-il prendre à nouveau une Senseo et se condamner, malgré une relative facilité d'emploi et un prix des machines défiant toutes concurrences, à boire du café de merde ; condamner à terme les torréfacteurs et les petits producteurs ; condamner nos efforts dans une perspective de développement durable et de réduction des déchets : se condamner à un système.
Ou peut-être valait-il mieux opter pour une Nespresso mais se condamner, dépit d'un sens du marketing implacable qui force parfois le respect et au risque de ne pas être aussi sexy que George Clooney, à boire du café de merde (un peu moins, certes) ; condamner à terme les torréfacteurs et les petits producteurs ; condamner nos efforts dans une perspective de développement durable et de réduction des déchets ; se condamner à devenir un client fidèle pris dans un système. Sans en avoir pris véritablement conscience (souvenez-vous que nos facultés mentales étaient considérablement détériorées. Et puis, on avait tendance à un peu se répéter), le choix était, en fait, déjà fait.
Aussi, guidés par la rage du désespoir qu'attisait le manque et bien décidés à aller jusqu'au bout de notre démarche, nous sommes sortis (du bureau). Ensuite, les choses se sont accélérées et tout est allait très vite, beaucoup trop vite.
A extérieur,
(...texte manquant)
… mais la douleur et la peur sont encore trop vives, les plais encore purulentes.
Maintenant que le temps a passé et qu'il m'est donné la chance de pouvoir en témoigner, survivre était devenue la question centrale de ces moments durant lesquels tout peut basculer, où la fugacité de l'instant nous empêche d'en saisir tout l'enjeu, toute la portée : survivre au monde extérieur, survivre à trop d’interrogations, survivre au désespoir, survivre au PMU du coin de la rue où nous allions chercher notre dose, survivre aux gens étranges qui le peuplent, survivre aux prédictions les plus sombres qui nous parlaient de la chute de l'occident, d'un monde qui serait dominé par les chinois (beaucoup), survivre à la trop grande proximité des corps et des visages (à quelques centimètres) imposée par l'exaltation de notre torréfacteur qui doit boire beaucoup trop de café ou prendre son métier bien trop à cœur, survivre à son haleine grasse et torréfiée, survivre à la paranoïa et au climat délétère qui s'était installé dans les bureaux, survivre à cette situation de survie, survivre finalement à ce que nous étions devenus.
Car en apparence, nous restions des hommes (enfin, tout autant qu'on peut l'être, certains s'en sortent mieux que d'autres. Et puis, tout est relatif), mais ce que nous étions sous cette enveloppe charnelle n'était plus entièrement identifiable en ces termes. Au contraire, il y avait comme une tache noire qui étendait sa présence ; une ombre vague, indéfini, hostile et presque palpable était en train de sourdre des profondeurs de nos âmes. Comme un animal affamé en quête de sa proie ; comme un camé à la recherche d'une dose de plus, "non sérieux mec, je te jure, rien qu'une"…
Peut-être que, dans ce jeu des passions qui nous animait pendant ces quelques jours durant lesquels le manque de caféine se faisait à chaque instant plus pressant et plus douloureux, nos perceptions de la réalité et de nous-mêmes en aient été altérées d'une manière bien plus profonde que nous voulons encore nous l’avouer.
Car bien que ces souvenirs restent encore vivaces dans nos mémoires et profondément ancrés au réel, je ne saurais dire, pourtant, si tout cela a vraiment existé ; je peine à rassembler tous les éléments, à donner une cohérence et une chronologie aux évènements.
Ce texte n’a peut-être comme véritable dessein que de nous délester du poids trop lourd de la culpabilité et des innocences perdues.
De ce que Nicolas a fait, nous avons decidé de ne plus en parler et ceci en restera le seul témoignage. Quant à Wilfried, il reste, de loin, le plus affecté d'entre nous ; peut-être pouvons-nous trouver, dans ces souvenirs d'enfance ou dans son visage (et son système pileux), un début d'explication.
Ce qui importe, pour l'heure, c'est que les choses soient rentrées dans l'ordre et que la vie reprenne son cours.
Normalement.
Quoi qu'il en soit, une chose reste certaine ; c'est que, tout au long de cette expérience, de ces épreuves qu’impose parfois l’existence, nous avons gardé la volonté de vivre notre passion commune et notre dépendance dans sa pleine expression artistique ; faire de ce moment une oeuvre d'art totale, et raffinée.
Le résultat (en texte...) : une cafetière expresso Délonghi, fabriquée en chine (15 bar minimum et plateau chauffe-tasses, entre autres choses géniales), la finesse du café illy (100% Arabica à deux degré de torréfaction, ce café développe un goût équilibré et des notes de caramel et de chocolat, de pain grillé et de fleur légère caractéristique de la torréfaction moyenne) et le chocolat au caramel et beurre salé de Michel Huvelin, maître chocolatier. Il nous fallait bien ça !
Au terme de ce récit, une question reste, cependant, sans réponse à ce jour : "Mais pourquoi faut-il que tout soit fabriqué en chine, putain ?!" C'est la merde.
Bref, venez boire un café à l'occasion ; on pourrait en débattre. On vous promet que ça se passera bien (tant qu'il reste du café)…
__________
Le témoignage de Wilfried :
"Oui, je suis un grand consommateur de café ! La raison est simple : dans ma jeune adolescence des adultes de confiance m'ont certifié que le café faisait pousser la moustache. L'histoire ne dit pas combien de temps cela est sensé prendre. Grâce au café, je suis devenu un homme patient et persévérant."
... et en images.)

Moi, en train de préparer les deux premiers cafés. On peut remarque la boite du café illy...

Moi, en train de préparer deux les premiers cafés, mais en incliné.

Les deux premiers cafés ! Et mousse onctueuse, qui déchire.

Un troisième café, accompagné de morceaux de chocolat au caramel et beurre salé de Michel Huvelin, maître chocolatier.
Toutes les photos ont été réalisées avec un iphone 4G...
Vous pouvez calculez votre degré de dépendance physique grâce au test de Fagerström. Si ça peut vous sauver la vie…











Vos Commentaires
11 commentaires déjà postés
1. Le samedi 18 septembre 2010 à 11:58, par Steven
2. Le samedi 18 septembre 2010 à 16:30, par vymdiesel
3. Le lundi 20 septembre 2010 à 13:19, par jCp
4. Le lundi 20 septembre 2010 à 16:39, par Aquabee
5. Le mardi 21 septembre 2010 à 13:10, par rudyS
6. Le mercredi 22 septembre 2010 à 21:56, par NanOw
7. Le jeudi 23 septembre 2010 à 09:12, par Overide
8. Le jeudi 23 septembre 2010 à 17:20, par Greengold
9. Le dimanche 26 septembre 2010 à 11:43, par Leob
10. Le dimanche 26 septembre 2010 à 14:05, par Jasse29
11. Le lundi 27 septembre 2010 à 17:14, par L'homme de la pampa
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