Nous commençons avec Jirí Trnka, animateur Tchéque qui fut comme souvent un grand touche à tout, s'exerçant aussi bien en illustration, en peinture ou dans l'élaboration de décors de théatre. Mais sa reconnaissance, il l'a doit à l'animation et notamment celle de marionnette, grand spécialité de son pays. Trnka était extrêmement reconnu de son vivant, et durant les années 60, son influence fut spectaculaire sur l'ensemble de production animée de l'époque. Chef de file de l'animation Tchéque durant quelques années, il fut l'élément fondateur de l'incursion d'oeuvres majeures inconnues en occident auprés d'institutions européennes et nord-américaines. Malheureusement aprés les années 60, son oeuvre fut peu à peu oubliée voire marginalisée en occident. Le festival d'Annecy lui consacra une grande (et exceptionnellement compléte) rétrospective en 2003 et la cinémathéque québecoise fit de même en 2005.

Je vais vous présenter ici un seul de ses films, son dernier court métrage, à mes yeux le plus grand, celui réprésentant le mieux son art et l'incidence de son travail. Il s'agit de 'La main' (Ruka) réalisé en 1965 et qui est un à mon avis un film testament, une réflexion autour de l'artiste et de son rapport à son œuvre, à son public et surtout à la politique. On peux y voir une exploration du culte de la personnalité Stalinien et d'une critique ouverte façe à la liberté d'expression. Je vous laisse seul juge aprés visionnage ...

On va maintenant s'intéresser à des animateurs à l'univers radicalement différent. Stephen et Timothy Quay, deux jumeaux animateurs de génie, ont su créer en trente ans une oeuvre absolument unique. Admirateurs de Jan Svankmayer, à qui ils ont consacré un documentaire, leur univers est extrêmement marqué, nappé d'un onirisme latent où l'animation de marionettes et d'objets souvent étriqués sert une ambiance ténébreuse. Traitant réguliérement de rêves et de cauchemards autour de personnages mythologiques ou du moins trés symboliques, les fréres Quay se sont forgé une réputation unique dans le monde de l'animation et du cinéma en général. En effet ils sont maintenant axés sur la réalisation de longs métrages (The Institute Benjamenta et L'accordeur de tremblements de terre) où la prise de vue réelle est traitée dela même maniére que l'image animée. Un duo de créateurs à forcément connaître, même si leur univers extrêmement particulier n'est pas forcément à la portée de chacun. Je vous laisse avec un de leur courts métrage que je préfére, Street of crocodiles réalisé en 1986.



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