En 1939 est mise en place sous la tutelle d'un cinéaste Anglais la Commission nationale sur le cinématographe. John Grieson, ce cinéaste qui deviendra par la force des choses un des grands hommes du documentaire, va établir petit à petit un réel centre national, non plus destiné à la propagande comme pendant la guerre, mais qui va héberger un ensemble de services audiovisuels au profit du Canada. Quelques années plus tard, ce même Grierson décide d'intégrer à ce qui s'appelle désormais l'Office National du Film du Canada, un jeune écossais tout juste sorti de l'école. A 19 ans Norman Mclarenintégre donc l'ONF et en deviendra le personnage le plus illustre ayant développé et dirigé la section animation désormais auréolée d'une renomée internationale.


Je ne m'étendrai pas davantage sur l'ONF et McLaren, d'excellentes informations circulent déja sur ce sujet et cela tournerait vite à une leçon de l'histoire de l'animation. Il est quand même important de préciser qu'aujourd'hui encore, Norman Mclaren fait partie des figures mythiques de l'animation, ayant développé et mis à jour des techniques ayant eu un impact extraordinaire sur la créativité globale dans ce domaine (comme par exemple avec celui ci ou encore celui ). L'une d'entre elle se révele être le fer de lance du film que je vais vous diffuser ici, la pixilliation, utilisée de nombreuses fois par Michel Gondry ou Jan Kounen par exemple. Cela consiste, pour ceux qui ne le savent pas encore, à filmer image par image en sélectionnant l'instant capté. Par exemple on shoote un personnage sautant en l'air en se déplaçant, en ne captant que les images où il est en l'air, en résulte donc une animation d'un personnage qui vole. Magnifiquement mis en scène dans son plus célébre court-métrage, Voisins, ayant remporté un oscar en 1952 et rentré dans la légende de l'animation depuis ...


Je vais maintenant m'attarder sur un autre figure de l'ONF, décédée en 2007, l'animateur Ryan Larkin. En réalité ce dernier à réalisé en tout et pour tout seulement quatre courts métrages d'animation. Mais son talent, son style novateur et sa vie tulmuteuse en ont fait un grand animateur dans l'histoire malgré le fait que pendant des années on a complètement oublié le passage de cet artiste. Entré à l'ONF dans les années 60, pris sous l'aile ô combien constructive de Mclaren, Larkin fait très vite parler de lui avec Cityscape puis Syrinx, un film animé composé de dessins au fusain ancré dans une ambiance mythologique. Il passe alors comme le futur animateur vedette de l'ONF et d'énorme espoirs sont placés en lui. En 1968 c'est la consécration, il réalise Walking, oeuvre novatrice et extrêmement moderne dans le style engagé, autour d'une étude de la marche s'évadant au rythme de la musique. Le film est nominé pour les Oscars la même année et Larkin obtient une notoriété mondiale. D'ailleurs pour la petite histoire c'est Walt Disney lui même qui emporta la statuette dorée cette année là, ce que Larkin n'encaissa jamais. Le film est une véritable réussite, d'ailleurs 40 ans aprés, on peut se rendre comte du nombre de créations numériques, notamment en motion design, très proches du style Walking..


Larkin continue sur sa lancée avec Street Music en 1972, ce qui sera en fait son dernier film. Honorant les préceptes de son mentor, McLaren, expérimentant sans cesse les relations images/son, Larkin en a sorti un court toujours aussi moderne dans l'éxécution allant encore plus loin dans la fluidité de l'animation et le rythme de translation.


Malheureusement c'est à partir de ce moment que l'animateur quitta peu à peu la réalité, essuyant des problémes de drogues et d'alcool, il quitta l'ONF pour devenir pendant des années le clochard le plus connu de La Main (grande avenue traversant Montréal). Alors qu'il commençait à reprendre vie et à travailler sur un nouveau film aprés 30 ans d'errance, un cancer du poumon l'emporta. Ce film autobiographique, nommé Spare Change, sera néanmoins finalisé et disponible l'année prochaine.


En s'inspirant de cette vie qu'on associerait plus à un rockeur qu'à un animateur, Chris Landreth lui à un consacré un film d'animation en 2004, Ryan, il obtint d'ailleurs un Oscar en 2005. Je vous laisse ici admirer son travail, superbe évolution graphique d'une interview qu'il avait réalisé de Larkin. C'est donc terminé pour cette longue partie sur l'ONF, le prochain article de série sera quand à lui consacré à Zbig ...




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