« Je n'éprouve depuis le plus jeune âge aucun scrupule à dire tout et son contraire pour servir les riches et les puissants d'une grande, vieille et belle nation : la France », peut-on lire en exergue de la vrai timeline de Nicolas Sarkozy sur Facebook. Une phrase qui synthétise toute l'ambition (et l'ambiance) du projet. Ecrite à la première personne, comme pour mieux saisir la névrose et le caractère grotesque du personnage, cette page Facebook scrute les faits et gestes d'un candidat-président devenu sa propre caricature.
Un travail de mémoire indispensable (on ne le répètera jamais assez) et implacable qui, à terme, dessine un portrait sans concession (au passage, si vous l'avez raté : un autre très bon portrait de Sarkozy vu par les correspondant étrangers).
Après avoir été au centre des révolutions du monde arabe, Facebook et le virtuel, pragmatiques, retracent dorénavant l'histoire d'une arnaque quotidienne à base de plans de com jusque dans les moindres pixels ; révèlent, au-delà, toute la vulgarité de cette fiction ou "feuilletonnalisation" du réel au détriment d'une véritable action politique, et la méprise d'un peuple dont Sarkozy (et toute sa clique : son chien, sa sardine et les autres…) se pose pourtant, pour la seconde fois, comme le représentant revendiqué et légitime.