Elle montre à quelles pratiques mafieuses se livre la multinationale suisse Glencore (leader mondial de matières premières) avec le soutien (car qui dit mot consent), plus ou moins assumé, des gouvernements et des banques (sa récente introduction à la bourse de Londres en est une preuve flagrante).
Parmi elles, on peut citer par exemple (la liste est loin d'être exhaustive) : versements de commissions occultes à Saddam Hussein ; en Colombie, destruction de village entier et expropriation forcée de leurs habitants avec la complicité des autorités et de l'armée ; corruption généralisée et violations graves des droits de l'être humain ; violation des embargos à Cuba et en Afrique du sud ; fraude fiscale ; commerce avec l'Iran de l’ayatollah Khomeini ; En Zambie, évasion fiscale par l'intermédiaire de filiales, ne laissant aux populations qu'une pollution massive de l’air et des sous-sols ; en France, Glencore, qui affichait déjà des bénéfices records, avait fermé en 2003, sans préavis ni plan social, l'usine Metaleurop de Noyelle-Godault, laissant sur le carreau 830 salariés et un site industriel considéré comme le plus pollué de l'hexagone…


Bien sûr, le cas de Glencore n'est pas isolé ; de nombreuses autres multinationales, sous des formes différentes (les compagnies pétrolières, établissements financiers, l'industrie pharmaceutique, les entreprises de déforestation…), s'inscrivent dans ce modèle et s'emploient au pillage systématique de nos sociétés avec les conséquences économiques, sociales et environnementales simplement désastreuses que l'on connait.
Pour les seuls pays en voie de développement, l'évasion fiscale représente près du double des aides (350 milliards de dollars) qui leur sont accordées chaque années par les pays riches ; elle coûte aux finances publiques environ 20 milliards d’euros en France et 30 milliards d’euros en Allemagne ; au Etats-Unis, cette fraude est estimée à plus de 100 milliards de dollars par an.


Mais continuons à croire que ce qui mènent les états et la France en particulier à la ruine (le discours officiel semble avoir durablement imprégné les esprits) ce sont les chômeurs et les rmistes, les malades, les 35 h, la fonction publique, les immigrés clandestins, les roms… Continuons à croire que l'ennemi c'est l'Autre, l'Etranger, pris pourtant dans cette même galère.



Extrait de Zambie, à qui profite le cuivre ? d'Alice Odiot et Audrey Gallet.



Pour aller plus loin :