![]()
Fly me to the Moon
Par Nicolas,
mercredi 29 octobre 2008 à 10:07
Un petit tour du web
:: #2043
:: rss
Le pitch de Fly me to the Moon : "3 mouches embarquent clandestinement dans le premier vol vers la lune en compagnie d’Amstrong, Aldrin et Collins. Le film emmène le spectateur dans une incroyable aventure en trois dimensions au cœur de la mission historique d’Apollo 11"
Alors vous allez me dire « oui, bon cool, encore un film en 3D », mais ne vous y trompez pas, il y a vraiment quelque chose d’exceptionnel avec celui là , puisque Fly Me to the Moon est le premier film d’animation exclusivement conçu pour la 3D relief dès la première image et on le doit au studio Nwave
Et à ceux qui me disent et Chicken Little ? Monster House ? Bienvenue chez les Robinson ? L’étrange Noël de Mister Jack ? La légende de Beowulf ? Je leur répondrai : tous ces films n’ont pas été conçus spécifiquement pour la 3D relief, mais seulement convertis. Fly Me To The Moon sera lui exploité uniquement dans les salles 3D. Voici d’ailleurs la carte des salles où vous pourrez dès aujourd’hui voir le film.
Merci à Crilo pour la news (extrêmement bien documentée). Je vous laisse avec une petite interview pour en savoir plus.
ESCOBAR JÉROME, lead fx artiste
Via Mayalounge.com le 2008-09-27, propos recueillis par Sébastien GRAZIDE
Pour commencer, question bête, quel genre de métier espérais-tu faire lorsque tu serais grand?
En fait j'ai toujours été passionné par l'image, le cinéma et les dessins animés. A l’âge de 12 ans environ et je me disais que je ferais soit de l animation, c’est à dire faire bouger les personnages, soit des effets spéciaux, recréer les éléments naturels tels que l’eau ou le feu... Me voilà comblé, je touche du doigt mon rêve de gamin. J’ai tout d’abord été "sensibilisé" à la 3D grâce a un dessin animé de Canal+ dont le nom m’échappe. Je me rappelle seulement qu’il était en 3D avec des "insectes"électriques qui vivaient sur des circuits imprimés. Une autre émission marquante à cette époque fut pour moi l’œil du cyclone (rétrospective d’Imagina). Et en ce qui concerne les effets spéciaux, mon intérêt est né en regardant l’émission télé : " le cinéma des effets spéciaux". Je suis sûr que vous vous souvenez de cette série de documentaires! Ce fut l’obsession de mon adolescence, je passais donc un peu pour un farfelu car à l’époque les effets spéciaux grâce à l’imagerie 3D n’étaient pas très connus ou en vogue comme à l heure actuelle.
A quel âge as-tu découvert que tu avais du potentiel dans les arts?
Je ne l’ai jamais vraiment découvert! J’ai pris assez tôt des cours de dessins sans avoir un niveau exceptionnel, de plus pour rentrer dans une école d’animation (cycle 3D), j'ai dû passer par un année de prépa. Afin d’obtenir mon concours d entrée à l'ESMA. (école supérieure des métiers artistiques de Montpellier) et c’est uniquement là que je me suis épanoui "artistiquement", grâce à l'aide notamment de monsieur Gilbert Kiner (un prof que j’avais à l’époque) qui a cru en moi et qui m'a encouragé. Puis, très vite je suis "tombé réellement amoureux du medium"( la 3D , et de l’image numérique en général). L’immersion fut totale à partir de ce moment; depuis je ne suis jamais ressorti de l’univers numérique.
En classe préparatoire artistique (MANA: mise à niveau arts appliqués), par le biais d Illustrator et de Photoshop.
Tu as commencé quand et sur quels logiciels?
J’ai commencé la 3D avec 3DS max 3, en 2001. Puis en 2002, je suis passé à Maya 4.5.
Question pas facile! J'aurais tendance à dire tout! Mais surtout le ctrl+z :). Je ne peux vraiment l’expliquer, j’ai eu comme un déclic. En fait, avant ça, je n'étais pas très bosseur, voire même un peu fainéant. Mais cela m’a tellement plus que je me suis vraiment mis à travailler dur! Ce que j aime particulièrement dans ce medium , c est qu’il n y a pas forcément de règle ou de marche à suivre ! Par exemple modéliser un verre peut se faire via diverses techniques, mais aucune n’est « meilleure » qu’une autre. C’est une histoire de ressenti, "de sensiblité" envers telle ou telle méthode. Pour résumer c’est la technique, les outils et la liberté de faire ce que l’on veut! C’est un terrain de jeux sans fin!
Pourrais-tu nous détailler tes motivations, tes influences...?Mes motivations, se résument à un amour de la belle image! Ma plus grande motivation est celle de faire rêver le spectateur, l’emmener en voyage. Et aussi, communiquer cette passion qui m'habite et la transmettre aux autres! Un dernier point me motive, mais c’est cette fois une ambition plus "personnelle" qui consisterait à avoir un poste à responsabilité dans une grande société d’animation ou de VFX. Mes sources d’inspiration sont dans la culture populaire comme les films "cultes" de Pixar en passant par Starwars. Elles proviennent également de la quantité d animation que j'ingurgite ^^!! (Ce qui a déjà été fait et qui fonctionne). Les artistes que j’apprécie particulièrement sont un peu de "tout bord". Je peux citer par exemple : Maester, Claire Wendling, Berni Wrightson, Georges Orwell, Phillip K. Dick, Terry Gilliam, Bill Plympton, Tarantino, Brad Bird, Patrick Beaulieu, Daim, Antz , Manu Jarvinen, Robert Doineau, Coluche, etc. Et au niveau FX, malheur à moi! Je ne connais pas beaucoup de noms, sauf les incontournables Ray Harryausen et Stan Winston. Mais je connais surtout comme tout le monde des "boîtes", comme Pixar, Digital Domain, The Rainmaker, The Orphanage, MPC, Double Negative, ILM, Dreamworks, Sony Images Works, Micros Images, ou encore Cafe Fx...
Les outils que tu préfères et ceux que tu souhaiterais voir évoluer?Mes outils préférés sont les Maya Fluids; ils offrent un large panel d effets possibles, et je trouve ça fun de jouer avec ! J’aime aussi beaucoup utiliser Realfow, c’est un soft très puissant mais un peu caractériel ! Bien évidement, mon jouet de prédilection reste Maya dans son "intégralité". En effet, en matière d’Fx on a tendance à "bidouiller" en utilisant un peu toutes les fonctions de Maya. Il ne faut pas s’obstiner à utiliser une technique comme celle des particules (ou fluid) à tout prix. Parfois une idée toute bête avec un peu de compositing et le tour est joué! C’est ça que j aime particulièrement dans les Fx, il faut connaître le soft et trouver la recette, l’alchimie qui fait que cela va fonctionner ( ou non ^^). Il y a le côté technique bien sûr, mais sur de nombreux aspects, cela rejoint l’animation, avec des notions de rythme, silhouette, timing, tout cela pour "raconter" une histoire. Donc pour répondre à la question, j’aimerais voir évoluer Maya en système nodal, telle la Ice d XSI, ou comme Houdini ! Cela offrirait plus de flexibilité et de productivité. Afin que les artistes se libèrent en partie de la technique et puissent pleinement s’exprimer.
Qu'est-ce qui t'impressionne dans les domaines technologiques et artistiques?
Ce qui m'impressionne le plus c’est la vitesse à laquelle la technologie évolue de manière générale! Aussi bien les jeux vidéo, les téléphones, les écrans, etc. Mais ce qui m’impressionne vraiment, c est l’evolution des technologies “temps réel?. J’ai l’impression que bientôt ton playblast sera ton rendu! Quand on voit les simulations dynamiques “temps réel?, et comme parfois on galère en passant des heures sur les simulations pour obtenir la "même" chose avec des softs spécialement étudiés, on en mesure l’intérêt.
Écoutes-tu un style particulier de musique quand tu crées?Je suis un grand fan de hip hop, mais généralement je n’écoute pas de musique car j’ai du mal à me concentrer; ou alors souvent je l’ai dans le casque mais je ne l’entends même pas! Mais si je bosse sur des taches répétitives et/ou fastidieuses, je le fais toujours en musique.
Peux-tu nous faire un bref historique de Nwave Pictures?Ce sera bref, je ne suis pas au courant de tout! Nwave fut fondé en 1994, suite à la fusion des deux sociétés bruxelloises Movida et Trix. Très vite Nwave s’est imposé comme le leader mondial du film d’attraction (3D relief) appelé ride ainsi que pour les Films Imax. Environ 60 à 70% des rides sont réalisés ou produits par Nwave. A ce jours, 36 films Imax sont sortis dont 8 réalisés par Nwave et Ben Stassen. Nwave a 200.000 spectateurs par jour à travers le monde, entre les parcs d’attractions et les salles Imax. Sentant le vent tourner en faveur du relief, Ben Stassen et Nwave décident fin 2005 de se lancer dans le long métrage avec Fly me to the moon. Ils continuent sur leur lancée avec un nouveau film en cours de production.
Pourrais-tu nous décrire l'ambiance?L' ambiance, c'est vraiment le point fort de la société. C'est un peu une grande famille, tout le monde est pote avec tout le monde. De manière générale, l’ambiance est à la bonne humeur, en dépit de quelques soucis ( normaux) qui peuvent apparaître comme sur toute production.
Ton rôle dans la société et sur "Fly me to the moon"?Je suis actuellement Lead Fx Artist sur un nouveau long métrage. Et sur Fly me, j’ai effectué plusieurs tâches : modeling/cleaning les personnages et un peu d’animation de personnages. Mais j’ai surtout été FX Supervisor durant plus d’un an et demi. En fait, je me suis retrouvé bombardé Fx superviseur , car j’étais le seul «particles boy » de la société. Au "début" de la prod, les premiers plans à fx ont été animés or Nwave était à la recherche ( non fructueuse ) d’fx artists. Alors ils ont demandé aux employés volontaires d essayer afin de sortir les premiers plans. Comme je m’étais déjà amuse avec les particules ( notamment le court métrage "Oui maman"), je me suis proposé. Et cela a convenu au réalisateur et au directeur artistique. Progressivement, je ne faisais plus que ça et au final, Nwave n’a pas eu besoin de recruter pour les fx, estimant que je convenais pour cette mission.
Quelles sont les motivations qui ont conduit à la mise en place de ce film?Il y a 5 ans, le réalisateur (Ben Stassen) a senti le vent tourner en faveur du relief, surtout au sein des grands studios Américains. Du coup, il est parti à la recherche d’un scenario susceptible de "convenir" au relief! Il est tombé sur celui de Domonic Paris qui avait écrit "Fly me to the moon". Les insectes volants et l’espace permettent d’exploiter à leur maximum les techniques du relief.
Quels sont les outils pour ce film, les logiciels avez-vous utilisés?Maya, Mudbox, pRman, Slim, Photoshop, Digital Fusion.
Quels sont leurs points forts et points faibles?Vaste question! J'aurais tendance à dire que cela dépend de chaque production, des contraintes et des besoins qui leur sont propres. En matière de points forts, ce qui me vient à l’esprit, c’est le système de rendu de Renderman et son système d’archive (rib). Ils permettent d’alléger considérablement les scènes d animation et de rendu. Ainsi que les Pixar subdivisions et le "smooth" infini, et bien sûr les OAV. (système de rendu par pass, directement intégré dans le shader). Pourtant aucun Fx ne fut calculé avec Renderman (manque de développement à ce niveau là ). Pour les Fx, j’ai utilisé principalement Maya software, Mental Ray, et le render Hardware.
Quels sont les atouts et les limites de cette technologie?L’atout principal, est l'immersion dans l'histoire! La politique d’Nwave à ce sujet est de maximiser l’impression du spectateur à plonger dans l’histoire et dans l univers du film. Les éléments du décor et les personnages ne sont plus "uniquement " derrière l’écran, mais dans la salle avec le spectateur, ce qui lui permet d’entretenir une relation plus étroite voir charnelle avec l’histoire. Les limites sont "essentiellement" techniques, tant au niveau de l’image “pure et dure?, que de la mise en scène. On ne peut pas se permettre, dans un film en relief, un rythme de montage trop rapide. En effet, l’oeil a besoin de s’adapter à chaque plan et requiert un laps de temps de mise au "point". De plus, les contrastes trop marqués posent aussi un problème car ils génèrent un effet de "gosting", à savoir une surimpression (de l'image) d'un oeil à l'autre.
Peux-tu nous parler de ses évolutions futures?Les évolutions futures se feront surtout au niveau du confort du spectateur. Par exemple, on peut imaginer une évolution des lunettes, voire même la disparition des lunettes.
As-tu des souhaits particuliers à ce niveau?Pas réellement, je ne suis "qu’un artiste", un peu loin de tout ca, mais j’ai espoir que le confort de visionnage s’améliore.
Quelle a été la partie la plus complexe à réaliser?Deux séquences ont été plutôt complexes à réaliser à cause de l’omniprésence des effets spéciaux. Il s’agissait de réaliser une scène de combat où l un des personnages se serre d’une allumette telle une épée. L’autre séquence à laquelle je pense à certainement été encore plus difficile; il s’agit de l’avant dernière séquence du film. A l’instar des vrais astronautes, les personnages sont accueillis en héros sous une pluie de confettis... Ce fut une belle galère très compliquée à simuler.
Quelle a été pour toi l'étape la plus délicate?Il y eu cette fameuse pluie de confettis, mais il y eut aussi le décollage de saturne V, la fusée de Armstrong, Aldrin et Collins. Etant autodidacte en matière d’Fx, j’ai beaucoup appris en réalisant cette sequence et beaucoup stressé aussi!
Comment as-tu acquis et perfectionné tes compétences?J’ai suivi une formation généraliste (3D) et j’ai donc découvert les dynamiques Maya par le biais de quelques exercices, mais rien de vraiment poussé. Mon vrai professeur (fx) a été la communauté d'internautes qui partagent leur savoir par le biais de forums, comme CgTalk , Hihgend 3D, 3D total , Mayalounge.... etc. Je dois beaucoup à la communauté active de Cgtalk. Pour perfectionner les compétences, il n y a pas de secret, il faut pratiquer, pratiquer encore, se tromper, recommencer, et toujours pratiquer.
Quand il y a eu des problèmes, as-tu eu envie d'abandonner à certains moments?A vrai dire ce n’est pas dans ma nature, je ne suis pas du genre à lâcher quelque chose qui me plaît. A aucun moment je n’est voulu abandonner. N’étant pas très experimenté, j’ai eu des doutes et des peurs. Par exemple, lorsque l’on te demande de faire un effet pour lequel tu n’as pas la moindre idée de la technique à utiliser. De plus, lorsque toute la responsabilité d’un département repose sur tes épaules, il y a des moments pas évidents à gérer. Mais baisser les bras, non !
Qu'est-ce qui t'as motivé pour assumer ce projet du début à la fin?J’aime simplement ce que je fais. C’était un super défi à réaliser ; je l’ai vu plus comme une chance à saisir. Ayant l’ambition de devenir un artiste compétent, il me semble que tout défi est bon à relever. Il y a aussi le plaisir de l’ accomplissement et la fierté que cela procure.
As-tu des conseils à donner pour ceux qui débutent en 3D?Ne jamais se décourager face à la difficulté, ne pas hésiter à recommencer sans cesse les mêmes choses jusqu’ à obtenir le résultat voulu. Il faut donc de la patience et ne pas vouloir brûler les étapes. De toute facon, jamais rien ne tombe tout cuit dans le bec!
Quel conseil pourrais-tu donner à quelqu'un qui commence dans l'industrie?Ne pas hésiter à partager son travail. En effet, lorsque vous avez la tête dans le guidon, c’est souvent une tierce personne qui te donne les meilleurs conseils. Eviter à tout prix l’autosatisfaction qui pollue pas mal l’univers dans ce domaine d’activité, car on a tendance à se reposer sur ses acquis et cela empêche d’aller de l avant. La encore, je dirais qu’il faut s’accrocher mais surtout faire une "introspection" afin de savoir ce que l’on a vraiment envie de faire car cela aide beaucoup pour l’orientation et évite des frustrations au travail. Il est important de savoir si on veut faire un peu de tout, ou si on a envie de se spécialiser dans un domaine précis (animation, modeling, shading, fx... etc.).
Si tu devais te retrouver sur une île déserte seul avec une machine et 3 logiciels, quels seraient-ils?Héhé! Je ne sais pas si j’ai besoin d’un pc, mais bon! Je dirais Maya bien sûr, c’est mon jouet préféré depuis pas mal de temps maintenant. Ensuite je dirais Soundforge ou Reason, car j’aime beaucoup la musique. Et tout seul sur une île déserte ça fait toujours passer le temps! Et pour le troisième, je dirais Houdini car je débute et il faut vraiment que je progresse; ça serait l’occasion.








UnCadeau.com
Fubiz
Lense
Upshot
Imazine
















Vos Commentaires
11 commentaires déjà postés
1. Le mercredi 29 octobre 2008 à 10:22, par Crilo
2. Le mercredi 29 octobre 2008 à 10:50, par Nikko
3. Le mercredi 29 octobre 2008 à 12:09, par Stef
4. Le mercredi 29 octobre 2008 à 12:38, par Quentin
5. Le mercredi 29 octobre 2008 à 12:38, par Quentin
6. Le mercredi 29 octobre 2008 à 15:22, par Thilo
7. Le mercredi 29 octobre 2008 à 21:53, par FraK_Tal
8. Le dimanche 2 novembre 2008 à 15:08, par Milo
9. Le vendredi 14 novembre 2008 à 16:54, par ANIS
10. Le vendredi 14 novembre 2008 à 17:56, par Romain
11. Le lundi 29 décembre 2008 à 20:58, par alex ton vielle ami de roanne
Ajouter un commentaire