Le site de cette nouvelle bibliothèque numérique ne sera accessible au grand public que demain, à l'occasion du Salon du livre de Paris. Son nom de code à l'heure actuelle : Europeana. Pour les petits curieux qui voulaient avant l'heure savoir à quoi allait ressembler ce site, une version de démonstration était accessible ici, mais de nombreux liens ne fonctionnent plus. Il nous faudra donc attendre demain pour en savoir plus, mais on peut penser qu'il sera possible d'y accéder par cette adresse : http://www.europeana.eu

J'ai fait ma petite enquête, et voici en quelques lignes les principales données clefs du projet :

  • son but : la numérisation, la mise en ligne et la préservation sur Internet d’un vaste ensemble d’oeuvres européennes (livres, journaux provenant des bibliothèques nationales dans un premier temps, collections d'autres bibliothèques, de musées et d'archives à terme) via un point d’accès unique et multilingue.

  • Le projet, initié par la France, a été rallié par tous les membres de l'Union Européenne, sauf...le Royaume Uni.

  • Dans un premier temps, Europeana ne fera que reprendre une partie du contenu de Gallica, la bibliothèque numérique de la BNF qui existe déjà, soit environ 10 000 documents, auxquels s’ajouteront des ouvrages issus des bibliothèques nationales de Hongrie et du Portugal

  • La BnF a lancé un marché pour la numérisation de 30 000 ouvrages qui seront accessibles avant l’automne 2007. Le but est de numériser 100 000 documents par an pour atteindre à terme 500 000 documents pour la contribution française.

  • Le coût de la numérisation, de l'OCR et du contrôle qualité varie de 0,065 € à 0,19 € TTC par page selon le type de document (massicoté, relié, microformes), soit, pour un ouvrage de 300 pages, de 19,26 € à 57,29 € TTC. A titre d’exemple, le coût pour un livre relié de 300 pages, en noir et blanc, est de 0,13 € TTC la page, soit 38,63 € TTC.

  • La Commission européenne a fixé, en mars 2006, pour l’ensemble de l’Union, un objectif de 2 millions de documents accessibles à distance d’ici à 2008 et de 6 millions d’ici à 2010.

  • il fait l'objet d'un partenariat entre France Telecom et la Bibliothèque Nationale de France

Si le projet est noble, je ne peux m'empêcher d'être dubitatif quant à sa mise en place. D'abord, l'urgence dans laquelle il a été monté. De plus, on ne ressent pas vraiment de concertation européenne de fond sur ce sujet. Mais bon, en bon gaulois râleur que je suis, je vois certainement le mal partout ;-)

Autre réflexion : à l'heure où émergent des projets collaboratifs de toutes sorte via Internet, on peut se demander si des projets de numérisation mettant à contribution des passionnés et défenseurs du patrimoine ne verront pas le jour dans le futur. A mon avis, cela relativise grandement la vision que nous avons des enjeux des bibliothèques numériques aujourd'hui.